La taxe foncière sur les propriétés bâties est calculée selon une formule fixe associant une valeur cadastrale et les taux votés par votre commune. En 2026, cet impôt local augmente de 0,8 %, l’une des plus faibles progressions de ces dernières années. Votre avis d’imposition doit être payé avant le 16 octobre 2026 ; en paiement en ligne, jusqu’au 22 octobre. Selon votre âge et vos revenus, vous pouvez prétendre à plusieurs exonérations ou réductions.
Qu’est-ce que la taxe foncière sur les propriétés bâties ?
La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est un impôt local qui frappe les propriétaires fonciers. Vous êtes redevable si vous êtes propriétaire, usufruitier ou détenteur d’un droit d’emphytéose au 1er janvier de l’année d’imposition.
Elle s’applique à toute propriété bâtie :
- maisons d’habitation
- appartements
- garages
- remises
- hangars
- piscines couvertes
- dépendances
Peu importe que le bien soit votre résidence principale, une résidence secondaire ou un bien loué ; tant qu’il est bâti et que vous le possédez au 1er janvier, il est imposable. La TFPB est versée à deux tiers à la commune d’implantation du bien et pour un tiers à l’établissement public de coopération intercommunale. C’est donc un impôt purement local : son montant varie d’une région à l’autre, d’une commune à l’autre, selon les choix politiques locaux.
Comment est-elle calculée ?
La taxe foncière obéit à une formule simple et publique.
On part de la valeur locative cadastrale (VLC), on y applique un abattement de 50 %, puis on multiplie le résultat par deux taux : le taux communal et le taux intercommunal.
Mathématiquement : Taxe foncière = (Valeur locative cadastrale × 50 %) × (Taux communal + Taux intercommunal).
La valeur locative cadastrale est estimée sur la base de loyers théoriques de référence et reste stabilisée depuis longtemps ; elle n’augmente plus annuellement pour tenir compte de l’inflation immobilière. Cette valeur n’a aucun rapport avec la valeur réelle, marchande, de votre bien. Des propriétés aux caractéristiques cadastrales similaires peuvent afficher des VLC très proches, indépendamment de leur localisation géographique ou de leur prix de marché.
L’abattement de 50 % existe depuis des décennies et représente une réduction forfaitaire accordée à tous les propriétaires. Les deux taux—communal et intercommunal—sont votés chaque année par le conseil municipal et l’organe de coopération intercommunale. Ils varient considérablement selon les communes : une petite commune rurale peut appliquer un taux global moins important, tandis qu’une métropole peut opter pour un taux sensiblement plus élevé. C’est sur ces deux taux que repose l’essentiel de la variation de la taxe d’une région à l’autre. Pour 2026, l’État applique une revalorisation automatique de la VLC de 0,8 %, l’une des plus faibles augmentations imposées ces dernières années.
Comment fonctionne le calcul ?
La mécanique de calcul suit toujours le même ordre : prenez la valeur locative cadastrale figurant sur vos avis fiscaux antérieurs ou demandez-la à votre centre des finances publiques. Appliquez à ce montant l’abattement de 50 %. Multipliez le résultat obtenu par la somme des deux taux locaux qui s’ajoutent (taux communal plus taux intercommunal). Le produit final, exprimé en euros, correspond à votre taxe annuelle.
La clé à retenir est que deux propriétés identiques dans deux communes voisines produisent des taxes très différentes selon les taux locaux votés. Un bien dans une commune à faible fiscalité locale ne payera pas la même taxe qu’un bien équivalent dans une commune à fiscalité plus élevée. C’est pourquoi vous ne pouvez estimer votre impôt que si vous connaissez avec certitude les deux taux appliqués dans votre commune. Ces taux figurent sur votre avis d’imposition annuel ou peuvent être consultés auprès de votre mairie.
Dates d’échéance et modalités de paiement en 2026
L’avis d’imposition de taxe foncière est adressé chaque automne par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). En 2026, la date limite de paiement est fixée au 16 octobre. Si vous optez pour un paiement en ligne sur le site impots.gouv.fr, cette échéance est repoussée au 22 octobre. Un délai supplémentaire de deux jours s’applique si le paiement par chèque ou virement transite par la poste. Le paiement s’effectue normalement par virement bancaire ou directement via le portail des finances publiques.
Certaines communes proposent un paiement échelonné pour les montants élevés, mais les conditions exactes restent du ressort local. Il est recommandé de vérifier auprès de votre centre des finances publiques ou de la mairie de votre commune si vous souhaitez explorer cette possibilité.
Exonérations permanentes
Plusieurs catégories de propriétaires bénéficient d’une exonération totale et permanente de taxe foncière.
À partir de 75 ans, si vous êtes propriétaire occupant votre résidence principale, vous pouvez prétendre à une exonération complète.
Cette exonération est soumise à une condition de revenu : votre revenu fiscal de référence (RFR) ne doit pas dépasser 12 793 euros pour une part de quotient familial. Ce plafond est majoré pour chaque demi-part supplémentaire de votre foyer (conjoint, enfants à charge, ascendants). Un couple ou une famille nombreuse bénéficiera donc d’un seuil de revenu supérieur à ce montant de base.
Les allocataires des minima sociaux bénéficient également d’exonérations. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) et l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ouvrent droit à une exonération totale, à condition que le bien soit la résidence principale. Les bâtiments et terres à usage agricole font l’objet d’exonérations spécifiques dans la plupart des communes, à condition que l’exploitation soit réelle et déclarée. Certaines communes exonèrent également les agriculteurs exerçant effectivement une activité agricole sur le bien.
Exonérations temporaires et réductions
Les constructions neuves bénéficient d’une exonération temporaire. Si vous avez construit une maison ou procédé à une rénovation complète, vous êtes exonéré pour deux années entières à partir du 1er janvier qui suit l’achèvement.
Cette exonération n’est accordée qu’à condition de déclarer le bien auprès de votre mairie dans les 90 jours suivant l’achèvement.
Passé ce délai, vous perdrez l’exonération pour cette période et devrez attendre un nouveau cycle de rénovation.
Les travaux de rénovation thermique—isolation, remplacement du système de chauffage, installation de panneaux solaires—ouvrent droit à un allègement de la taxe foncière selon les communes. Cet allègement varie entre 50 % et 100 % de réduction pour les logements achevés avant 1989 ayant réalisé des travaux d’amélioration énergétique substantielle. Il est accordé par délibération communale, ce qui signifie que chaque commune vote librement cette mesure et fixe ses propres critères d’éligibilité.
Au-delà de ces exonérations, il existe des réductions de taxe pour certains propriétaires. Si votre revenu fiscal de référence ne dépasse pas 30 083 euros (pour une personne seule ayant déclaré des revenus en 2025), vous pouvez bénéficier d’une réduction de 50 % de la taxe. Ce plafond varie selon la composition de votre foyer fiscal. Les propriétaires ayant entre 65 et 75 ans et occupant leur résidence principale reçoivent également une réduction forfaitaire de 100 euros si leurs revenus respectent une limite définie et qu’ils satisfont à tous les critères d’éligibilité.
Comment demander une exonération ou une réduction ?
Pour bénéficier d’une exonération ou d’une réduction, vous devez en faire la demande. Cette demande s’effectue auprès du centre des finances publiques dont vous dépendez ou, selon le type d’exonération, auprès de votre mairie. Pour les exonérations liées à l’âge et aux revenus, contactez votre centre des finances publiques en présentant une copie de votre avis d’imposition et un justificatif de revenu actualisé.
Pour les constructions neuves, c’est la mairie qui doit recevoir la déclaration dans les 90 jours suivant l’achèvement du bien. Pour les travaux d’économie d’énergie, renseignez-vous auprès de la commune, qui vote les modalités et les conditions spécifiques d’attribution. Préparez les documents justificatifs :
- avis d’imposition
- certificat de revenu
- devis ou factures des travaux effectués
- attestations de statut ou d’allocation selon votre situation
La plupart des communes proposent des formulaires de demande téléchargeables sur leur site internet ou en format papier à retirer à l’accueil. Il est essentiel de ne pas dépasser les délais de déclaration : une demande tardive entraîne le refus d’exonération pour l’année en cours.
Questions fréquentes
Peut-on être exonéré de taxe foncière sur une résidence secondaire ?
Non. Les exonérations pour raison d’âge ou de revenus s’appliquent uniquement à la résidence principale. Une résidence secondaire reste imposée sans exception, hormis dans le cas d’une exonération agricole ou d’une délibération communale particulière pour travaux énergétiques approuvée explicitement.
La taxe foncière augmente-t-elle chaque année ?
Oui. L’État applique une revalorisation automatique de la valeur locative cadastrale (0,8 % en 2026). S’y ajoutent les décisions locales : les communes peuvent augmenter ou, rarement, diminuer leurs taux. Une réévaluation complète de la VLC peut également survenir suite à une modification cadastrale telle qu’un agrandissement, un changement de destination du bien ou la réalisation de travaux importants.
Que se passe-t-il si on vend son bien en cours d’année ?
Le propriétaire au 1er janvier reste redevable de la taxe foncière pour l’année entière, même s’il vend le bien en cours d’année. Un accord entre vendeur et acheteur peut prévoir un partage à titre privatif (remboursement partiel), mais l’État impose la redevance à celui qui figure propriétaire au 1er janvier. Consultez votre notaire pour régler cette répartition selon les termes de votre acte de vente.
Quels recours si je conteste le montant de ma taxe foncière ?
Vous pouvez contester la valeur locative cadastrale auprès de la Direction générale des finances publiques. Les délais légaux encadrent ces recours contentieux. Un médiateur fiscal peut intervenir dans certains cas. Pour un litige plus complexe, l’aide d’un conseil spécialisé en droit fiscal est recommandée.
Ce que vous devez vérifier auprès de votre commune
Ce guide énonce les règles générales applicables en France. Cependant, plusieurs paramètres restent du ressort local et exigent une vérification directe auprès de votre mairie ou de votre centre des finances publiques. Le taux exact de la taxe foncière dans votre commune dépend intégralement du vote du conseil municipal et du conseil intercommunal. Vous ne pouvez pas déduire ce taux des informations nationales ; consultez votre avis d’imposition ou le site de votre commune pour le connaître.
La valeur locative cadastrale de votre bien figure sur votre avis ; elle ne peut pas être recalculée sur la base de ce guide.
Cette valeur dépend de caractéristiques cadastrales très spécifiques (surface, année de construction, nombre de pièces) relevées par l’administration fiscale. Les modalités de paiement échelonné, l’existence d’une exonération locale pour les travaux énergétiques, les conditions supplémentaires : tous ces points relèvent de la délibération communale. Votre commune peut les voter ou non. Renseignez-vous directement auprès des services de votre mairie. Les réformes et modifications législatives peuvent intervenir après cette rédaction. Pour vérifier les mises à jour les plus récentes, consultez le site officiel service-public.gouv.fr.
Marc Bertrand
Fiscaliste et rédacteur spécialisé en droit des propriétaires. Marc intervient régulièrement sur les sujets fiscaux et immobiliers pour Orgue-Saorge. Voir le profil complet



