Semaine de l'orgue italien à Saorge

Les instruments

SAORGE

L’église Saint-Sauveur de Saorge a possédé un orgue dès 1739. Mais, sans doute par désir de se conformer au nouvel idéal sonore du XIXe siècle, la commune se tourna en 1844 vers les frères Lingiardi, facteurs d’orgue établis à Pavie, pour la construction d’un nouvel instrument. Ce dernier fut terminé en 1847. Réutilisant l’ancien buffet, mais en l’élargissant et en l’approfondissant, il a un clavier de 54 notes avec première octave courte, et un pédalier « a leggio » de 19 touches pour 12 notes chromatiques réelles. La disposition phonique est basée sur un ripieno de 10 rangs et comporte de nombreux « jeux de concert », ainsi que quelques accessoires : rollante,  campanelli, etc. Restauré en 1978-79 par Philippe Hartmann, l’orgue de Saorge est conservé intact dans sa structure originale. Son côté orchestral est prononcé, mais l’harmonisation lumineuse et fine de son ripieno en fait aussi un instrument convenant très bien à la musique du XVIIe siècle, Sa mécanique précise et légère est aussi un atout essentiel de sa personnalité.
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FONTAN

L’église de la Visitation à Fontan a été dotée d’un orgue en 1850. Le buffet en était neuf, mais la partie instrumentale réutilisa peut-être en partie l’orgue XVIIIe de Saorge, démonté au profit du nouvel instrument des Lingiardi. C’est le facteur de Centallo, Carlo Vittino, qui effectua ce travail, et l’orgue fut restauré en 1983 par Yves Cabourdin. Son clavier est de 52 notes avec octave courte. Il n’y a aucun jeu d’anches, mais un ripieno de très belle allure, une voce umana et trois flûtes.
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TENDE

On peut faire remonter à 1673 la présence d’un orgue dans la collégiale Notre-Dame de l’Assomption de Tende. Il aurait été l’œuvre de Johannes Baldazar Milder, actif dans la région de Cuneo. Mais les dévastations des guerres d’occupation du Comté de Nice entre 1792 et 1794 eurent raison de sa longévité. En 1805, contact est pris avec les célèbres Serassi de Bergamo pour l’édification d’un instrument neuf dans le buffet de 1673 ; sa composition d’origine est connue par divers documents, et révèle bien entendu le choix d’une esthétique manifestement orchestrale. Diverses transformations furent néanmoins entreprises entre 1807 et 1816, et, en 1881, le facteur Vittino effectua des modifications plus radicales, notamment sur l’étendue du clavier, ce qui l’amena à ajouter un sommier complémentaire au grand sommier à ressorts initial. C’est enfin en 1971, puis en 1988, que Philippe Hartmann et Yves Cabourdin effectuèrent successivement une restauration et un relevage général. Le clavier, chromatique, a 58 notes ; le pédalier, également chromatique, a une extension réelle de 15 notes. Quant au monde sonore, il se caractérise par des timbres extrêmement racés, des flûtes chantantes, des anches somptueuses. Cet instrument permet d’interpréter le répertoire orchestral du XIXè siècle avec un bonheur incomparable.

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Dans la chapelle de la Miséricorde (pénitents noirs) se trouve un orgue de Federico Valoncini construit en 1873, il possède huit jeux, un clavier de 54 touches avec première octave chromatique. Cet instrument fut offert à la confrérie en 1902 par le chanoine Antonino Guidi, curé de la cathédrale de Nice, lui même originaire de Tende.
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LA BRIGUE

L’église Saint-Martin de la Brigue possédait un instrument dès 1615, sans doute de taille modeste, et qui semble avoir été utilisé jusqu’en 1840. Mais, le nouveau goût aidant, on songea alors à construire un instrument plus important. En 1847, les frères Lingiardi, qui venaient de signer l’orgue de Saorge cette même année, furent choisis pour ce travail, qui fut achevé en 1849. Malheureusement, cet orgue fut celui de la vallée qui connut le plus de vicissitudes, car, en 1925 et surtout en 1957, il subit de profondes transformations, qui lui firent perdre son caractère italien. Une restauration par Yves Cabourdin, en 1987, a heureusement permis de retrouver le style caractéristique d’origine, se fondant sur les documents originaux et sur l’analyse d’instruments contemporains des Lingiardi. Le clavier, non d’origine, est en fait à octave courte ; le pédalier « a leggio » a une extension réelle des 12 notes chromatiques. Quant à la disposition phonique, elle comporte un ripieno très développé, et une grande quantité de jeux de concert. L’instrument de la Brigue est en tout cas le plus grand de la vallée.
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BREIL SUR ROYA

Achevée sans doute en 1662, l’église Sancta Maria in Albis de Breil est un magnifique édifice. Aucun document ne permet de savoir s’il possédait un orgue jusqu’au XVIIIè siècle. On sait seulement que c’est en 1860 que l’église reçut la proposition du don d’un orgue. L’instrument que l’on voit aujourd’hui possède un splendide buffet, que l’on peut attribuer à l’ébéniste turinois Giuseppe Stroppiana. Plusieurs indices permettent d’attribuer la paternité instrumentale aux frères Concone ; et il pourrait s’agir de l’orgue réalisé en 1758-1760 pour la confrérie du Saint-Suaire de Turin. C’est en tout cas un instrument aux timbres très délicats, qu’Yves Cabourdin a restauré en 1984. Doté d’un clavier de 51 touches et d’un pédalier de 12 notes, il possède un ripieno de 5 rangs, un cornetto, des flûtes et, chose rare dans la facture italienne, un bourdon.
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